Rassemblement de soutien à Paris-Normandie, menacé de dépôt de bilan (source libération)

Publié le par CGT Voix du Nord

Plusieurs centaines de personnes se sont rendues au siège du quotidien régional, près de Rouen, pour protester contre la disparition du titre.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées vendredi au siège de Paris-Normandie à Déville-lès-Rouen, près de Rouen, pour dire «non» à la disparition du titre et de ceux qui lui sont associés, à quelques jours d'un dépôt de bilan attendu pour mercredi.

«Un journal, ce n'est pas une fabrique de chaussures ou de saucisses et ce n'est pas à un tribunal de commerce de décider s'il doit continuer de paraître ou non», s'insurge François Charmot, journaliste à la rédaction locale d'Evreux de Paris-Normandie.

Rédacteurs, photographes, secrétaires de rédaction ou rotativistes, ils se se sont retrouvés à midi au siège du titre, perdu dans une zone industrielle un peu lugubre de la banlieue de Rouen.

«En s'installant, par souci d'économie, dans cette ancienne usine d'électronique en dehors de la ville, la rédaction a été coupée de ses lecteurs», juge Benoît Marin-Curtoud, délégué SNJ.

Pour les syndicalistes, ce choix est une des «nombreuses erreurs» dont ils rendent responsable leur actionnaire principal, Philippe Hersant, qu'ils accusent d'avoir laissé «tomber» le titre comme ceux de la pointe de Caux (Havre Libre, Le Havre Presse, Le Progrès de Fécamp) qui lui sont rattachés au sein du pôle normand du Groupe Hersant Médias (GHM).

Ils en veulent pour autre preuve les deux rotatives qui datent des années 1970 et ont été reconditionnées au milieu des années 2000. «Elles sont anciennes et ne nous permettent pas d'imprimer autre chose que les journaux ce qui nous empêche de générer du chiffre d'affaires supplémentaire», explique Benoît Marin-Curtoud.

«Soulagement»

Pour la plupart, l'annonce du prochain dépôt de bilan après des pertes évaluées à deux millions d'euros en 2011 pour un chiffre d'affaires de 40 millions est toutefois perçu comme un «soulagement» après des mois et même des années d'incertitudes. «L'absence d'informations faisait que la tension ne cessait de grandir», dit un journaliste.

Gabriel Crespo, secrétaire général adjoint du syndicat du livre CGT du journal, se veut même «optimiste» en envisageant la nomination d'un administrateur judiciaire avec lequel il sera «possible» de discuter de modernisation. «On ne peut pas imaginer la disparition pure et simple d'une presse régionale en France», veut-il croire.

Pour certains, le dépôt de bilan, sanction d'une diffusion en chute libre, permettrait au pôle normand d'être associé au mariage en cours entre GHM et le groupe belge Rossel dont il avait été exclu en octobre pour cause de situation économique dégradée.

Dans la foule figuraient des retraités, des élus socialistes, communistes et écologistes et des salariés d'entreprises menacées de fermeture de la région comme Petroplus ou M-Real. Et même des lectrices, comme Catherine Thomas, venue défendre le journal, «reflet de la vie de nos villes et de nos villages».

Depuis l'annonce par les syndicats du prochain dépôt de bilan, la direction du groupe a gardé le silence. Les 365 salariés attendent maintenant, pour en savoir plus, une réunion extraordinaire, convoquée lundi prochain, du comité d'entreprise de la Société normande de presse d'édition et d'impression (SNPEI) qui édite ces titres.

Publié dans Tous collèges

Commenter cet article