Le cauchemar de Noel d'une salariée du Soir (Groupe Rossel)

Publié le par CGT Voix du Nord

Aurore est arrivée avec l’été, rue Royale. Le Soir l’avait débauchée chez RTL. Vive, jeune, dynamique, parfois maladroite dans ce nouvel univers dont elle n’appréhendait pas encore les usages, elle s’est donnée à fond pour lesoir.be. Remplacements au pied levé, nouvelles tâches, horaires tendus… Elle a tout fait. Jusqu’à frôler l’épuisement. Vidée, en quelques mois.

Le mardi 11 décembre, Aurore est informée sans ménagement que sa période d’essai ne sera pas prolongée au-delà de son terme, le 31 décembre 2012. Justification officielle : elle donnerait satisfaction à 80%, mais ne ferait pas la différence pour les 20% restants (air connu).

Aurore ne comprends pas. En cinq mois et demi, soumise à un régime intensif, confrontée à de nouveaux outils de travail, de nouveaux collègues, elle admet avoir commis quelques erreurs, mais estime qu’on ne lui a pas laissé la chance de s’améliorer, de s’adapter.

Un travail stable perdu à RTL, cinq mois d’investissement professionnel à fond perdu au soir.be, puis le grand vide… Aurore est détruite. Elle est incapable de reprendre le travail. Son médecin la déclare en arrêt maladie jusqu’au 31 décembre 2012.

Vendredi, Aurore n’a toujours pas reçu de Rossel la moindre confirmation officielle de l’interruption de son contrat. Elle apprendra, ce jour, que la direction a adressé le recommandé à une mauvaise adresse. Alors qu’elle est toujours sous contrat, sa boîte mail est verrouillée, le mercredi 19 décembre, son GSM est coupé, le jeudi 20 décembre, et sa carte d’accès au bâtiment est désactivée (sans qu’elle en soit prévenue).Vendredi, Aurore a eu droit aux excuses de la responsable des ressources humaines pour ces « cafouillages ». Mais un autre « cadeau » l’attendait : la notification, par Eric Malrain et Didier Hamann, de son licenciement immédiat, ce vendredi 21 décembre, « sans préavis ni indemnité ». Leur courrier précise qu’en cas d’incapacité de plus de sept jours, l’employeur a le droit de mettre un terme à la période d’essai du travailleur.

Les larmes ont coulé. Les minutes se sont faites longues, très longues. Le silence s’est fait pesant. Sanctionnée par l’interruption de son contrat au 31 décembre, Aurore a donc eu le « tort » de ne pas l’encaisser physiquement, mentalement, d’en être malade, malgré elle. La sanction supplémentaire est donc tombée, vendredi : suspension immédiate, au 21 décembre. Conséquence : Aurore sera privée de salaire, du 22 au 31 décembre. « Sans préavis ni indemnité », précise le recommandé. Comme pour bien retourner le couteau dans la plaie. A trois jours de Noël.

Le « droit » social aura été respecté. La dignité, en revanche, le respect de la personne humaine... Fallait-il ajouter cette humiliation à la douleur légitime d’Aurore ? Etait-ce bien là le dernier mot de la direction ? Nos questions, dans ce bureau devenu soudain si impersonnel, si glacial, sont restées sans réponse.

Non ! Vos représentants n’ont pas l’intention d’en rester là. Nous reviendrons sur ce gâchis lors de notre prochaine réunion avec la direction, le vendredi 4 janvier. D’ici là, s’il vous plaît, ne laissez pas Aurore dans le désarroi qui l’accable injustement : un mot, un geste, un simple SMS… Elle en a besoin, elle qui doute même à présent de sa place dans ce métier qu’elle vit avec passion. Merci pour elle : Aurore Peignois, GSM 0474-89.30.77, e-mail : aurore.peignois@gmail.com

A défaut de geste d’humanité de la direction, Aurore aura au moins droit aux vôtres. Merci.

Vos délégués SetCa-Rossel

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