La Provence et Nice Matin : l’heure du Marchant (source : Le Meilleur de Marseille)

Publié le par CGT Voix du Nord

Le groupe de presse belge Rossel qui devrait intégrer dans une holding commune, d’ici l’été, plusieurs titres de Groupe Hersant media en difficulté financière, a pris contact avec les personnels de La Provence et de Nice Matin/Corse Matin/Var matin.

Sans attendre la signature définitive de son accord avec GHM et l’avis de la Direction de la concurrence et de la consommation, Bernard Marchant, l’administrateur délégué de Rossel, a fait le voyage de Marseille et de Nice pour présenter son groupe et sa stratégie.

En décembre, Rossel, premier groupe de presse francophone belge, fêtera son 125e anniversaire. Créé à Bruxelles par Emile Rossel, fondateur du quotidien Le Soir, il possède aujourd’hui seize quotidiens en Belgique, dans le Nord de la France (La Voix du nord) et au Grand Duché de Luxembourg, une trentaine d’hebdomadaires et une demi-douzaine de mensuels. Il est aussi présent en Bulgarie.

Propriété d’une famille, les Hurbain, comptant 3 500 salariés et réalisant 495 millions € de chiffre d’affaires, Rossel a accéléré son développement dans la presse écrite et les nouveaux media dès les années 1990 mais plus spécifiquement depuis 2000.

Il est en passe de prendre le management de plusieurs des titres de Groupe Hersant media, notamment L’Union de Reims, La Provence, Nice Matin, Corse Matin, Var Matin et peut-être aussi Paris-Normandie.

A Marseille d’abord, puis à Nice, Bernard Marchant, qui était entouré de Michel Nozière, administrateur et Président du directoire de Voix du Nord investissement, et d’Eric Malrain, directeur financier, coaché par Dominique Bernard, directeur général de GHM, a exposé sa vision de l’avenir de la presse et répondu aux questions des représentants des salariés. Le maintien et l’indépendance financière des titres et des emplois ont été au centre des échanges.

Si le projet de création d’une société holding Rossel-GHM (en juin) est mené à son terme, Rossel s’engagera à maintenir les titres et à garantir leur indépendance éditoriale. « Contrairement aux fonds de pension, nous avons les pieds sur terre, nous ne chercherons pas des rendements de folie », a dit Bernard Marchant à Marseille. Propos qu’il a ensuite précisé à Nice, indiquant que Rossel visait « un niveau de rentabilité de 10%, dans le but de dégager 3% pour le remboursement de la dette, 5% pour les investissements, 2% pour l’actionnaire ».

Pour obtenir ce résultat, les titres du sud est plafonnant autour de 5%, avec des perspectives d’entrer dans le rouge à court terme, Rossel envisage 150 à 200 départs dans les deux ans. La modération salariale et la diminution de la RTT (réduction du temps de travail) seront également à l’ordre du jour. Un « guichet » devrait donc être ouvert au début de l’été. « Les départs se feront avec accompagnement », ont indiqué les dirigeants de Rossel.

Tout au long de ses rencontres dites informelles, Bernard Marchant a répété l’attachement de son groupe au pluralisme de l’information et sa volonté de le développer dans les nouveaux médias « car nous sommes convaincus que le web deviendra l’extension naturelle et directe du papier », dit-il.

Partenaire de plusieurs groupes de presse néerlandophone (Persgroep, Concentra media), Rossel s’intéresse aux Hollandais et Belges qui passent leurs vacances en Provence et a fait état de projets de publications qui leur seraient spécifiquement destinés.

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