Communiqué de l'intersyndicale des journalistes

Publié le par CGT Voix du Nord

Intersyndicale des journalistes CGT-CFDT-FO-CFTC

 


La direction a envoyé lundi à tous les journalistes une lettre au ton comminatoire, à l'occasion du comité d'entreprise. Un ton menaçant qui nous conduit à nous interroger sur ses intentions par rapport au journal du lundi et au travail supplémentaire demandé pour les sites Internet. Elle dit vouloir convaincre chacun du bien-fondé de ces projets. Or, face aux interrogations de la rédaction, minimisées par le rédacteur en chef, elle n'est pas longue à user d'un langage agressif et menaçant.
Les responsables, la direction les désigne du doigt en perdant son sang-froid : ce sont les quatre syndicats non signataires. Elle occulte totalement la réaction négative d'une majorité des journalistes. Le résultat du vote que nous avons organisé est pourtant limpide. Les quatre syndicats qui se sont réunis en intersyndicale ne s'opposent pas à ces accords pour se donner un genre. Mais parce qu'une grande partie de la rédaction partage leurs craintes sur les conséquences qu'ils vont entraîner en terme de charge et de conditions de travail. Nous, syndicats non signataires, aurions dû retourner plus tôt devant la rédaction pour la tenir informée de la tournure que prenaient les discussions. Et surtout refuser le principe, bourré de malice, de ne pas communiquer avant la fin des négociations. Des syndicalistes ne signent pas pour eux-mêmes des accords, mais en tant que représentants de leurs mandants, d'un collectif de travail. Si ce collectif trouve les accords mauvais, leurs représentants syndicaux n'ont pas à les signer. Par ailleurs, les délégués syndicaux de l'intersyndicale, qui se connaissent, se sont tenus informés mutuellement de l'avancée des négociations. Si certains n'ont pas assisté aux séances, ce n'est pas pour autant qu'ils s'y sont désintéressés.
Le climat d'intimidation que le direction veut faire régner indique clairement la nature de ses intentions : elle veut passer en force. Qu'elle n'oublie pas cependant que c'est avec les journalistes, qu'elle tente d'intimider aujourd'hui, qu'elle devra mener à bien le journal du lundi et l'enrichissement des sites Internet...
Ces projets, ni la rédaction, ni les syndicats non signataires n'y sont opposés. Nous souhaitons seulement la garantie qu'ils pourront se faire dans de bonnes conditions et que les obligations nouvelles qu'ils impliquent seront pleinement prises en compte.
La rédaction a prouvé sa motivation et ses capacités lors du passage au tabloïd. Elle mettra en oeuvre les mêmes qualités pour le journal du lundi et le développement du multimedia. Mais elle ne souhaite pas le faire sur la base d'un marché de dupes.
L'intersyndicale, par la voix de son avocat, assignera la direction de La Voix du Nord sous huitaine. L'action en justice visera à faire annuler les accords. Cette assignation sera accompagnée d'une demande de référé suspensif.
Nous rappelons que le but de cette démarche est, encore et toujours, la reprise des négociations avec la direction, comme l’ont souhaité 115 des 126 journalistes qui ont participé à notre consultation.


Lille, le 2 mars 2007

Publié dans Collèges Journalistes

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