B. Marchant : « En France, nous ne sommes pas là pour faire des coups » (Source les échos)

Publié le par CGT Voix du Nord

INTERVIEW - Selon l’administrateur général du groupe Belge Rossel qui a racheté « la Voix du Nord » et possède 50% de « 20 minutes », « la presse écrite dispose de marques très fortes » en France.
 

En France, de puissants acteurs sont apparus dans la presse...

Ça change, c’est certain. Cela veut dire qu’on ne regarde plus notre domaine comme il y a encore quatre ou cinq ans. La presse écrite dispose de marques très fortes.

Pensez-vous qu’ils puissent venir sur la presse régionale, votre terrain de jeu en France ?

Il n’est pas impossible qu’ils viennent dans l’information locale. Il y aura sûrement des alliances ou des partenariats. On verra.

Quel rôle voulez-vous jouer dans la recomposition en cours dans l’Hexagone?

Nous ne sommes pas là pour faire des coups, ce n’est pas nous. Mais il reste des choses à consolider. Nous n’avons pas souhaité aller au bout du dossier « Nice-Matin », car il fallait en passer par une grosse restructuration. Nous étions partenaire financier en 2013, dans une tentative de rachat du « Parisien ». « 20 Minutes » (Rossel a pris 50 % du titre il y a quelques mois, le solde restant aux mains du groupe Ouest-France, Ndlr), c’est une bonne opportunité : il n’y a rien à rationaliser, ils sont bons sur le Web.

En plus, avec le retrait de TF1 de la presse gratuite (« Métro » a cessé sa parution papier, Ndlr), le marché s’est clarifié. Ce n’est pas le cas de tous les dossiers qui circulent...

Vous voici donc partenaire de Ouest-France. Pourriez-vous aller plus loin ensemble ?

Cette association va évidemment permettre de se connaître, de collaborer dans différents domaines. C’est important. Ouest-France, c’est le plus gros fond de commerce de l’Hexagone. Cela nous intéresse de travailler avec eux. Mais nous pouvons générer des économies d’échelle sans être obligés de nous marier. Les fusions sont toujours compliquées...

Quelle est votre approche du numérique ?

On a fait l’analyse il y a dix ans. Nous avons d’abord lancé très vite toutes nos marques sur le Net, pour occuper le terrain. Depuis sept ans, on prépare les rédactions, on réunit sous la même bannière les journalistes Web et print, on essaie de former des journalistes-éditeurs. Désormais, nous nous attachons au contenu et à sa monétisation, c’est ce qui fera la différence. Sur Lesoir.be, cela fait deux ans que nous ne cherchons plus à gagner en audience : 300.000 visiteurs uniques par jour, c’est bon. Pour monter à 500.000, on connaît la recette : mettre des filles, etc. Mais on dénature le titre.

Ce modèle est-il tenable dans la presse locale ?

On va essayer de l’adapter. « 20 Minutes » pourrait ainsi devenir la partie gratuite du site de « La Voix du Nord ». En général, on donne encore beaucoup trop dans le gratuit en France ! On se fourvoie.

Encore faut-il avoir de la demande pour du payant...

Dans les pays latins, la presse est en retard sur le marketing. Quasiment à chaque fois que l’on reprend un titre chez vous, on constate qu’il y a très peu de budget consacré à cet aspect. Vous croyez peut-être qu’un journal s’achète... Or, il se vend !

Les journaux vont-ils continuer à se vendre ?

Aujourd’hui, il y a peut-être une suroffre. Mais le numérique ne fera jamais 100 % du marché. Le papier a autant de raisons d’être que le mobile. 

 

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