Ouest France-Rossel, le pacs -L’agence de presse Crédit mutuel-Ebra (source Pressnews)

Publié le par CGT Voix du Nord

Ouest France-Rossel, le pacs -L’agence de presse Crédit mutuel-Ebra (source Pressnews)

La nouvelle alliance Ouest-France-Rossel

Contrairement au groupe norvégien Schibsted, l’actuel coactionnaire du quotidien gratuit 20 minutes France, le belge Rossel, qui reprendra ses 50% avant l’été, n’est pas là pour faire de la figuration. Il pourrait aussi en profiter pour se rapprocher de Ouest-France, avec qui il partage désormais la gouvernance de 20 minutes.

Bernard Marchant, l’administrateur délégué de Rossel, a bien l’intention d’investir de façon conséquente dans son nouvel actif pour lui donner un coup de fouet. Si le quotidien, dirigé par Olivier Bonsart, a été légèrement bénéficiaire en 2014 (500 000 euros pour 46 millions d’euros de chiffre d’affaires), ses recettes seront probablement en recul cette année de quatre millions d’euros.

L’arrêt, cet été, de la version papier du concurrent Metronews, permet toutefois à Bernard Marchant d’espérer une baisse plus limitée par rapport au business plan 2015. Editeur de Métro en Belgique, le groupe a été informé en amont des déboires de l’édition française. Il a pu se positionner, avec toutes les cartes en main, sur 20 minutes et accélérer le processus de désengagement de Schibsted. Restera pour Rossel, propriétaire du Groupe La Voix du Nord à Lille, à régler la question de Direct matin Lille plus. Il coédite le quotidien gratuit avec Bolloré média, qui devrait le reprendre à son compte à la rentrée, concurrence oblige.

La reprise par Rossel de 50% de 20 minutes dépasse largement les perspectives de développement de la marque de gratuits, aussi leader soit-elle. Le groupe familial belge partage en premier lieu les mêmes valeurs que son homologue breton.

Près de deux fois plus important en termes de chiffre d’affaires (un milliard d’euros en 2014), Sipa/Ouest-France doit faire face aux mêmes défis que La Voix du Nord sur sa zone de diffusion, tant au plan publicitaire que de la diffusion. Cette alliance ponctuelle pourrait donc se traduire par une coopération plus générale entre les deux empires de médias, notamment au plan digital. Pour Rossel, qui avait voulu racheter Nice-Matin à la rentrée 2014 mais s’était fait damer le pion par les salariés, le rapprochement avec Ouest-France sonne de toute évidence comme une revanche dans l’Hexagone.

Pourquoi EBRA réactive l’AGIR

Le groupe Est Bourgogne Rhône Alpes (EBRA), qui a réactivé l’Agence générale d’informations régionales (AGIR), filiale du quotidien Le Progrès, pourrait à terme proposer du contenu à d’autres titres régionaux.

La quinzaine de journalistes qui traite les informations générales depuis la capitale pour les sept quotidiens d’EBRA (L’Est républicain, Les Dernières Nouvelles d’Alsace, etc.) seront salariés avant l’été par l’Agence générale d’informations régionales. Cette structure, en sommeil, salariait jusqu’à présent uniquement les pigistes du quotidien lyonnais Le Progrès.

Si la plupart des rédacteurs ont accepté de perdre leur statut initial de la PQR pour endosser celui des agences de presse, moins avantageux, au moins deux d’entre eux ont fait le choix inverse. Ainsi, Ludovic Bassand et Hakima Bounemoura ont respectivement regagné L’Est républicain et Le Dauphiné libéré.

Intégrer ses journalistes au sein de l’AGIR à la place du Bureau d’informations générales (BIG), sans existence juridique, permet à EBRA d’harmoniser sous un statut unique la situation juridique de journalistes issus de différents quotidiens. En plus du print, l’AGIR fournira aussi son flux d’informations générales à destination des sites d’EBRA à compter de la rentrée de septembre. Une dizaine de journalistes sont ainsi en cours de recrutement par l’AGIR, à moindres coûts.

Enfin, l’agence de presse envisagerait de se diversifier dans le sport et de vendre ses contenus, tous thèmes confondus, à l’extérieur du groupe détenu par le Crédit mutuel. Des contacts, pour l’instant informels, auraient déjà été pris avec plusieurs quotidiens régionaux, dont Nice-Matin et La Provence, qui ont réduit drastiquement leurs effectifs rédactionnels en 2014.

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