Un bel avenir est possible pour le site Arjowiggins de Wizernes (62) (source graphiline)

Publié le par CGT Voix du Nord

Depuis le mois d’avril, la papeterie du groupe Arjowiggins située à Wizernes cherche un repreneur. Si le site n’est pas racheté, l’usine fermera en juin.

Préoccupée par l’avenir du site qui emploie plus de 300 salariés, la Communauté d’agglomération de Saint-Omer, la CASO, a mis en place une cellule de crise. Composée d’élus dont le maire de Wizernes, du vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie, du président de Saint-Omer Développement et desyndicats, la cellule de crise a décidé de faire réaliser une étude industrielle sur les possibilités de développement de la fabrique à papier. De quoi donner matière à réflexion à d’éventuels repreneurs.

Vendredi, les experts Sophie Vanlaeres de Secafi et Nicolas Cicoria de Map Partners, cabinet spécialisé dans le domaine du papier, ont présenté leurs conclusions : pour eux, la papeterie de Wizernes est viable : ″Il apparaît indéniable que la mise en œuvre d’un nouveau projet industriel est totalement possible sur le site de Wizernes.″

Pour les syndicats, ce n’est pas une surprise : ″Cela nous conforte dans notre idée. Le site est viable. Et cédable surtout″ déclare Franck Saillot le délégué syndical Filpac-CGT. ″On connait notre outil. Le site est viable et très flexible. On n’est pas obligé de rester sur les produits que l’on fait actuellement, on peut faire une large gamme de produits.″

Selon les experts, Wizernes a en effet tout à fait la possibilité de s’orienter vers des marchés de niche, avec des papiers couchés et non couchés, ou vers le marché du 
papier à base de fibres recyclées. Les experts estiment aussi que des projets novateurs et écologiques peuvent être très intéressants. Mais ils nécessiteraient une période de transition de 18 mois.

"L’état général du matériel et l’efficience de la ligne de production sont corrects, le TRS (taux de rendement synthétique, NDLR) de la ligne est à 73 %. La maintenance de l’outil industriel est d’un bon niveau.
Quelques installations nécessitent une remise à niveau : séchoirs infra rouge sur la machine à
papier, bobineuse, ligne d’emballage bobines."

Le principal point faible de l'usine, et les salariés le savaient, est qu'il n'y a pas d’intégration en amont sur la pâte.

Le rapport note aussi que des bâtiments sont disponibles pour de nouvelles installations et que le personnel est "formé et motivé". 

L’intersyndicale espère que ces conclusions vont aider à vendre l'usine à un repreneur fiable et pérenniser l’avenir de l’usine.

Le 7 octobre, les représentants des salariés seront reçus au ministère de l’Économie.

D’ici là, les syndicats s’attendent à une convocation en comité d’entreprise. La direction semblerait vouloir lancer les négociations de la procédure de plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Mais l’intersyndicale ne compte pas signer ce PSE, un plan jugé incompatible avec une vente dans de bonnes conditions.

Des actions coup-de-poing devraient démarrer dans peu de temps...