Portrait du repreneur idéal de Wizernes (62) (Source graphiline)

Publié le par CGT Voix du Nord

Mandatés par la cellule de crise de la Communauté d’agglomération de Saint-Omer, la CASO, des experts ont dessiné trois axes de développement de la papeterie du Pas-de-Calais.

Réalisé avec un cabinet d’étude spécialisé dans le secteur papetier, Map Partners, le rapport remis à la CASO vise à établir un diagnostic sur le potentiel de développement de la papeterie du groupe Arjowiggins située à Wizernes. 

Trois axes de développement ont été dessinés par les experts.

Le marché de niche des papiers couchés et non couchés

″La qualité de la technologie en place et les performances de l’outil industriel pourraient intéresser un industriel qui est déjà présent sur une partie de ces marchés et qui souhaite se diversifier pour compléter sa gamme.″

Selon le rapport, le site wizernois peut s’orienter vers des marchés de niche sur des papiers couchés et non couchés. L’emballage de luxe notamment, mais aussi le papier alimentaire, le papier digi, les notices pharmaceutiques, le couché une face, les étiquettes, le papier ignifugé, etc. Une option qui demande peu d’investissements, l’outil industriel étant parfaitement adapté et flexible (3 ou 4 gammes de produits).

Le papier blanc à base de fibres recyclées

Le deuxième projet est la production de papiers blancs à base de fibres recyclées, un marché qui est en croissance. 
Pour un acteur déjà intégré, l’expérience de Wizernes sur l’utilisation de fibres recyclées serait un atout pour ce type d’industriel qui souhaiterait écouler sa pâte.

Un acteur avec un investissement (variable en fonction de la blancheur de la pâte, minimum 30 millions d'euros) pourrait s’intégrer dans une unité de désencrage sur le site. Cette solution permettrait une réduction des coûts de production liés à la fabrication de pâte in situ, mais aussi grâce à la récupération des charges minérales qui viennent de l’unité de désencrage. Des bâtiments sont disponibles pour ce type d’installation et l’approvisionnement des vieux papiers est de bonne qualité. La découpe de ramettes exige l’investissement d’une coupeuse (environ 3 millions d’euros pour une neuve).

Des projets verts

Enfin le rapport estime que des projets novateurs écologiques sont possibles.
La production de papiers à propriétés barrière recyclables, qui se substitueraient aux papiers complexes avec des plastiques ou non recyclables et qui sont incinérés, représente un marché supérieur à 500 kilotonnes en 
Europe.

La fabrication d’emballages spéciaux de grammage lourd répulpables, pour l’alimentaire, pourrait se substituer aux produits dérivés du pétrole. En fonction des grammages fabriqués, des investissements seraient à prévoir sur la partie humide pour l’utilisation de plusieurs types de pâte, sur deux tables de fabrication, uninvestissement estimé à 15 millions d’euros.

Ou encore des papiers produits à partir de fibres végétales autres que le bois, comme des matières premières issues de l’agriculture. Ces papiers seraient essentiellement destinés à l’emballage alimentaire et non alimentaire couché et non couché. Une partie de la production serait dédiée au format (ramettes, enveloppes, etc), également pour le complexage avec d’autres supports papier. L’usine serait intégrée en pâte et non délocalisable.

″Ces projets pourraient intéresser un financier ou un industriel qui souhaite se diversifier. La mise en production ne pourrait se réaliser que 18 mois après la cession du site (études, investissements…). Dans cette hypothèse, il faudrait que le site continue à produire la gamme actuelle pendant la phase de transition.″

Les experts concluent : ″Il apparaît indéniable que la mise en œuvre d’un nouveau projet industriel est totalement possible sur le site de Wizernes.″